Ce projet part d’une idée simple et vertigineuse : constituer
une bibliothèque de livres parlant des bibliothèques.
Non comme un jeu de miroirs théorique, mais
comme une manière d’interroger ce qu’est
réellement une bibliothèque : non pas
un simple lieu de stockage, mais
un espace vivant, traversé par
des voix, des gestes, des
souvenirs et des
rencontres.

Sophie Calle,
1998-2013
Chaque livre de la collection est arrivé par une recommandation.
Derrière chaque titre, il y a une conversation, une hésitation,
un enthousiasme, parfois une histoire intime. Beaucoup
de ces ouvrages sont neufs, sans annotations
ni traces visibles de lectures passées.
Pourtant, ils portent déjà
une mémoire : celle
des personnes
qui les ont
transmis.
Le projet cherche précisément à recueillir cette
mémoire fragile et orale, avant qu’elle ne
disparaisse. La bibliothèque devient
alors mobile, nomade. Elle se
déploie dans une cour,
un jardin, une école
ou un marché.

supérieure de design
d’Ulm, 1955
On y installe des assises, on ouvre les livres, on lit des fragments
à voix haute. Des citations circulent de main en main,
se déposent sur une grande feuille commune,
se répondent, se contredisent, créent peu
à peu une cartographie collective
de pensées, d’images
et de récits.
Chaque séance produit une constellation unique, née des personnes
présentes ce soir-là et des liens inattendus entre les textes.
Le projet s’intéresse autant aux livres qu’à ce qui circule
autour d’eux : les gestes de transmission,
les discussions, les silences,
les déplacements des
textes d’un lecteur
à un autre.

d’Aby Warburg
en 1926
Il prolonge l’idée ancienne du colportage :
faire du livre non un objet figé,
mais un lien, un prétexte
à la rencontre
et à la pensée
partagée.

Suisse début du
XXe siècle

à Londres,
1930